Quand une modernisation SCADA est-elle pertinente ?
Quand un environnement SCADA éprouvé devient progressivement un frein
De nombreux systèmes SCADA continuent de fonctionner de manière fiable au quotidien, même si les exigences qui les entourent ont depuis longtemps évolué.
Les difficultés apparaissent généralement lorsque les données doivent être utilisées plus largement, que les systèmes doivent être davantage intégrés ou que de nouvelles applications numériques doivent être connectées.

La modernisation SCADA ne commence pas par le remplacement du système
Aujourd’hui, les données de production sont nécessaires bien au-delà de la salle de contrôle. Pour la maintenance, le reporting, les analyses multisites, l’analytics ou l’IA, les informations doivent être disponibles rapidement, de manière fiable et dans le bon contexte.
L’environnement SCADA occupe ainsi une place de plus en plus centrale dans l’architecture globale des données. Il ne doit plus seulement visualiser les processus, mais également mettre les données à disposition de manière à permettre à d’autres systèmes et applications de les exploiter efficacement.
6 signes qu’une modernisation peut être pertinente
Le besoin de modernisation se manifeste souvent dans le quotidien. Les six points suivants permettent d’identifier les situations dans lesquelles un environnement SCADA existant ne répond plus de manière optimale aux nouvelles exigences.

Les données de processus restent dans la salle de contrôle
Un premier signe indiquant un besoin de modernisation est un accès limité aux informations de processus.
Dans de nombreuses installations, les données en temps réel sont principalement disponibles sur des écrans HMI ou SCADA locaux. Les autres services doivent obtenir ces informations au moyen d’exports, de captures d’écran ou de fichiers Excel.
Ce n’est pas qu’une question de confort.
Lorsque les données ne sont disponibles qu’avec un certain délai ou nécessitent des étapes manuelles, les analyses deviennent plus complexes et les décisions prennent davantage de temps. Parallèlement, différents services peuvent rapidement se retrouver à travailler avec des niveaux d’information différents.
Les concepts SCADA et de visualisation modernes misent donc davantage sur des accès web, des vues adaptées aux différents rôles ainsi que sur la mise à disposition sécurisée des informations sur différents terminaux.
L’objectif n’est pas simplement de moderniser l’apparence des écrans de conduite, mais de rendre les bonnes informations disponibles là où elles sont nécessaires.
Comment le reconnaître : Les données ne sont disponibles que localement et les informations sont transmises par capture d’écran ou via Excel.

Les données historiques sont disponibles, mais peu exploitées
De nombreuses entreprises disposent de grandes quantités de données historiques de processus et de production. Au quotidien, celles-ci ne sont toutefois souvent consultées qu’une fois qu’un événement s’est déjà produit.
Lors d’un incident. En cas d’écart de qualité. Ou lorsqu’il faut déterminer a posteriori pourquoi un processus s’est déroulé différemment de ce qui était prévu.
Ces données recèlent pourtant un potentiel bien plus important.
Les informations historiques peuvent aider à identifier des tendances, à comparer des évolutions et à détecter plus tôt les écarts récurrents. Pour cela, les données doivent toutefois être facilement accessibles, structurées de manière pertinente et associées au bon contexte.
C’est précisément là qu’intervient également l’approche « From Data to Action » : les données seules n’améliorent aucun processus. Elles ne créent de la valeur que lorsqu’elles sont mises en relation, comprises et exploitées pour prendre des décisions concrètes.
Comment le reconnaître : Les données historiques sont principalement utilisées en cas d’incident ou pour des analyses ponctuelles.

La capacité d’évolution devient un véritable test
C’est au plus tard lors d’une extension que l’on voit à quel point une architecture SCADA existante est réellement flexible.
Une nouvelle ligne est ajoutée. Un autre site doit être intégré. Des utilisateurs supplémentaires ont besoin d’un accès. Ou les données doivent être analysées de manière centralisée.
Si chacune de ces évolutions se transforme en un projet d’ingénierie à part entière, la complexité augmente rapidement.
Dans ce contexte, moderniser un environnement SCADA ne signifie pas automatiquement remplacer l’existant. Il s’agit souvent de faire évoluer de manière ciblée des systèmes éprouvés, avec des architectures plus standardisées, des composants réutilisables, une gestion plus centralisée et de meilleures possibilités d’intégration.
Cela devient particulièrement important lorsque plusieurs installations ou sites sont concernés. Plus les systèmes, les utilisateurs et les applications se multiplient, plus il est essentiel de disposer d’une architecture qui ne doit pas être repensée à chaque extension.
Comment le reconnaître : L’ajout de nouvelles lignes, de nouveaux sites ou de nouveaux utilisateurs entraîne régulièrement un travail d’ingénierie supplémentaire.

Les exigences en matière de sécurité augmentent
Avec l’interconnexion croissante des systèmes, la sécurité de l’environnement SCADA prend elle aussi une importance accrue.
De nouvelles exigences réglementaires telles que NIS2, mais aussi des directives de sécurité internes, imposent des exigences plus élevées en matière de contrôle des accès, de journalisation, de communication sécurisée et de maintenance continue des systèmes.
Si ces exigences ne peuvent être mises en oeuvre dans un environnement existant qu’au moyen de solutions supplémentaires ou d’efforts importants, cela peut également indiquer qu’il est nécessaire de faire évoluer l’architecture SCADA de manière ciblée.
Comment le reconnaître : Les exigences en matière de droits d’accès, de journalisation, de communication sécurisée ou de mises à jour deviennent de plus en plus difficiles à mettre en oeuvre dans l’environnement SCADA existant.

L’environnement utilisateur devient un élément de la digitalisation
L’utilisation du système elle-même peut également révéler qu’un environnement atteint ses limites.
Lorsque les utilisateurs ne peuvent accéder au système que depuis certains postes de travail ou que des clients plus anciens limitent les méthodes de travail modernes, il ne s’agit pas seulement d’une question de confort d’utilisation.
La production, la maintenance et l’ingénierie travaillent aujourd’hui dans des situations différentes et ont des besoins différents en matière d’information.
L’opérateur a besoin d’autres informations que la direction de production. En cas de problème, la maintenance doit pouvoir accéder rapidement aux données de processus pertinentes. Les responsables techniques souhaitent quant à eux comparer les évolutions et analyser les relations entre les données.
Un environnement utilisateur moderne ne signifie donc pas automatiquement davantage de fonctionnalités. L’essentiel est que chaque rôle puisse accéder de manière ciblée aux informations dont il a réellement besoin.
Comment le reconnaître : L’accès est limité à certains postes de travail et les informations ne sont pas disponibles en fonction des rôles.

Les données OT deviennent la base de la digitalisation
Les analyses, le suivi énergétique, l’OEE, le reporting ou encore les applications d’IA ont un point commun : ils ont besoin de données opérationnelles fiables.
Lorsque ces données restent isolées dans différents systèmes, chaque nouveau projet de digitalisation devient inutilement complexe.
Des interfaces spécifiques, des solutions particulières et des flux de données manuels sont alors nécessaires. À court terme, ces solutions peuvent fonctionner correctement. Mais avec chaque système supplémentaire, les efforts liés à l’exploitation et à la maintenance augmentent.
Une architecture SCADA moderne peut jouer ici un rôle important.
Elle ne met pas seulement les informations de processus à disposition pour la visualisation, mais crée également une base fiable pour d’autres applications. Cela devient particulièrement important lorsque des systèmes de production existants doivent être connectés à des plateformes Historian, de reporting, d’analytics ou de données industrielles.
Comment le reconnaître : Les nouvelles applications nécessitent des interfaces spécifiques ou une préparation complexe des données OT.
La modernisation se fait souvent par étapes
Une modernisation SCADA ne signifie pas nécessairement repartir de zéro.
Dans de nombreux cas, une évolution progressive est plus judicieuse. Les investissements existants sont préservés, tandis que de nouvelles possibilités sont ajoutées pour l’accès aux données, la visualisation, l’analyse et l’intégration.
Pour les utilisateurs de Proficy iFIX ou CIMPLICITY, ainsi que d’autres plateformes industrielles établies, c’est un point particulièrement important.
Il ne s’agit pas de remettre fondamentalement en question des systèmes éprouvés. L’objectif est plutôt de les faire évoluer afin qu’ils conservent leur place dans un environnement logiciel industriel plus moderne.
Six questions à se poser sur son propre environnement SCADA
Une première évaluation ne doit pas nécessairement commencer par une longue liste de fonctionnalités. Quelques questions simples suffisent souvent :
- Qui a aujourd’hui besoin d’accéder à quelles données de processus ?
- Quelles informations sont encore transmises manuellement ?
- Où utilise-t-on encore des exports Excel, des captures d’écran ou d’autres ruptures de flux numériques ?
- Quelles données historiques sont collectées mais peu exploitées ?
- Quels projets de digitalisation sont compliqués par un accès insuffisant aux données OT ?
- Quelles installations ou quels sites ne peuvent être étendus qu’au prix d’efforts importants ?
Les réponses permettent souvent d’identifier rapidement si un environnement SCADA correspond encore aux réalités opérationnelles actuelles ou si certains domaines devraient être développés de manière ciblée.
Évoluer progressivement vers un environnement SCADA pérenne
Une infrastructure SCADA stable constitue une bonne base. Mais sa fiabilité ne suffit pas à garantir qu’elle soit prête pour l’avenir. La modernisation devient pertinente lorsque les données de processus ne doivent plus seulement être affichées, mais aussi être utilisées plus largement pour gagner en transparence, simplifier les analyses, améliorer l’intégration et soutenir de nouvelles applications numériques.
La première étape n’est donc pas de remplacer le système.
Mais plutôt de se poser la question suivante :
Dans quels domaines notre environnement SCADA actuel nous soutient-il encore efficacement, et où rend-il les nouvelles exigences inutilement complexes ?
Questions fréquentes sur la modernisation SCADA
Non. Une modernisation peut être réalisée progressivement. Selon l’environnement existant, il est par exemple possible d’améliorer l’accès aux données, la visualisation, l’historisation ou l’intégration sans remplacer l’ensemble du système SCADA.
Cela dépend de l’environnement existant et des exigences concrètes. Un bon point de départ consiste à identifier les domaines dans lesquels des flux de données manuels, des accès limités ou des efforts d’intégration importants apparaissent aujourd’hui.
Oui. Les environnements Proficy iFIX et CIMPLICITY existants peuvent être développés progressivement et combinés avec d’autres solutions de visualisation, d’historisation et d’intégration des données.
Source complémentaire : Cet Insight s’appuie notamment sur l’eBook de Velotic Modern HMI/SCADA Guidebook for Efficient Operations. Vous y trouverez des informations complémentaires sur la modernisation des environnements SCADA.